| Pourquoi écrire ces lignes ? |
| Sommes-nous bien peu de choses ? Le monde du travail et surtout des travailleurs ! |
| C’est cela être au coeur de votre futur ! |
Il y a 4 jours que les mesures du gouvernement ont été prises. En résumé, ces mesures visent au confinement de la population. Certaines catégories de personnel sont évidemment en première ligne - face public. Ce sont tous les soignants qui assurent et assument, contre vents et marées, au mieux la gestion de la pandémie. C’est là qu’on pourra mesurer, au passage et si besoin en était, les effets des nombreuses mesures d’austérité prises les dernières années. Respect et courage aux travailleurs de la santé ! À côté de cette catégorie de travailleurs, il y a les autres....
On a vu, depuis l’annonce des mesures du gouvernement, des scènes de quasi pillages des magasins. L’hystérie totale ou presque ! Entre ceux qui ont vidé les rayons de PQ, de pâtes et de riz et ceux qui ont fait la fête jusque minuit en mode « collé serré », la démesure et l’irrationnel sont rois.
Ce lundi 16 mars, les cours seront suspendus partout dans les écoles. À ce jour, personne ne peut dire avec certitude ce que chaque travailleur fera de son ou ses enfants. Nous devons penser aux travailleurs(euses) seul(e)s qui risquent de perdre du pouvoir d’achat et du temps de travail pour organiser la garde de leurs enfants.
À côté de ces considérations, il y a ce que l’on peut appeler les travailleurs oubliés. Dans le présent tract, un secteur retient notre attention mais ce n’est pas le seul : le commerce, travailleurs sacrifiés sur l’autel du profit.
Juste une remise en perspective : le 2 mars dernier, le SETCa a interpellé Coméos en vue de prendre des mesures adéquates dans le secteur commerce.
Une réunion avec Comeos, mais sans aucun employeur, a eu lieu le 03/03. Une nouvelle réunion de suivi devait se dérouler milieu de la semaine prochaine. Depuis jeudi soir, nous tentons d’avoir une réunion avec Comeos et les employeurs au niveau sectoriel pour trouver des solutions transversales. Une réunion est envisagée aujourd’hui soir.
Pourquoi écrire ces lignes ?
Les mesures qui ont été prises dans les magasins ces derniers jours, visaient à assurer le remplissage des magasins suite aux ventes extraordinaires réalisées depuis jeudi soir. Élargir les horaires, augmenter la flexibilité, passer au travail de nuit, presqu’à n’importe quel prix. La sécurité et la santé des travailleurs n’ont eu que peu de place dans ce débat, malgré les réunions demandées au sein des entreprises sur le sujet.
Ce qui est important pour la grande majorité des employeurs du commerce, en ce compris Coméos, c’est rassurer le client sur le fait que nous ne manquerons pas de marchandises pour les semaines et mois à venir.
Entre-temps, ce que vivent les travailleurs du commerce (plus de 200.000 personnes dans les magasins), ce qu’ils et elles courent comme risques quotidien avec le Coronavirus, cela importe peu les patrons du commerce. Et ça nous écoeure.
La consigne c’est « Travaille et tais-toi : un peu de gel, pas de masque, pas de gants et souris aux clients ! ». Nous réagissons pour le commerce mais nous pouvons étendre la réflexion à tant d’autres secteurs de notre société.
La gestion de la crise par les employeurs démontre bien le peu de considération que le capitalisme laisse à l’humain. Là où les mesures drastiques du gouvernement sont certainement nécessaires, si on veut passer ce cap difficile de la manière la plus sereine pour tout le monde, l’attitude de bon nombre d’employeurs reste le « business as usual» faire un maximum de fric sans trop se poser de questions. Inutile de parler du chômage économique qui fleurit dans les magasins le samedi, voire le dimanche...
Sommes-nous bien peu de choses ? Le monde du travail et surtout des travailleurs !
Courage aux travailleurs qui, aujourd’hui, demain, seront en première ligne face au Coronavirus !
Ceci n’est pas une menace, mais il serait quand même très sérieusement temps que les patrons et Comeos prennent leurs responsabilités dans la crise sanitaire que nous traversons.
Au niveau du secteur et dans les entreprises, le SETCa continuera d’harceler les employeurs pour pouvoir obtenir des solutions correctes pour tous !
