Lors du comité fédéral de ce jeudi 22 février 2024, les déléguées et délégués des secteurs fédéraux de la Santé issus des institutions des 3 régions ont dit stop à la réforme infirmière. Ils exigent d’être des travailleurs et collègues reconnus dans leur entière compétence.
Mélanie, infirmière en chef, dans une unité de soins intensifs nous dit : » Nous nous sommes formés pour prendre soin, pas pour déléguer des soins ! » C’est cela qui donne sens à notre métier
Nouvelle échelle de soins, nouvelle liste d’actes, délégation renforcée, … La liste des décisions contenue dans la réforme donne le tournis et laisse peu de place à la concertation avec les représentants des travailleurs de terrain.
La goutte d’eau qui fait déborder le vase est sans nul doute la modification de la Loi sur les hôpitaux, qui autorise d’intégrer dans la norme infirmière tant l’infirmier responsable de soins généraux que l’assistant en soins infirmiers. Pour nous, c’est la porte ouverte à une perte de qualification qui se verrait renforcée par les potentielles économies budgétaires que pourrait réaliser un employeur, le coût d’un assistant infirmiers étant moins élevé. L’assistant infirmier serait comme le canada dry : cela ressemble à mais ce n’est pas tout à fait cela. Quel mauvais signal vers ceux qui demandent à être reconnus !
En tant qu’organisation syndicale, nous menons un long combat afin de rompre le cercle vicieux dans lequel des années d’austérité budgétaires nous ont enfermés. Le désenchantement des professionnels nous a mené dans une pénurie croissante et bien installée d’infirmiers. Nous devons inverser cette tendance.
Les métiers de soins sont des métiers exigeants, voire même très exigeants. Mais ce sont aussi des métiers passionnants et surtout utiles et indispensables pour garantir la santé public. Le problème de ces métiers, ce sont que les conditions de travail, un manque de reconnaissance et la perte de sens ont épuisé les professionnels .
Les politiques et les employeurs doivent retrouver la confiance des professionnels du secteur et les respecter.
Nous exigeons que les Gouvernements :
- Mettent en pause une réforme qui inquiète les professionnels actuels et futurs et met en péril le recrutement de nouveaux étudiants et étudiantes
- Respectent, maintiennent et adaptent si nécessaire les filières de formation qualifiantes HBO5 et Brevet qui permettent aux étudiants et étudiantes de développer les compétences nécessaires pour garantir des soins généraux de qualité
- Mettent en place les dispositifs d’accompagnements des étudiants en stage afin de leur permettre développer leurs compétences en situation réelle
- Développent des passerelles de formations attractives et soutiennent la validation des compétences acquises
- Respectent la norme d’un infirmier pour 8 patients maximum afin de garantir la sécurité et la qualité de prise en charge des patients
Les réponses à la pénurie médicale et infirmière ne se feront pas en bradant la reconnaissance des professionnels de la santé ou ce sera sans nous ! La santé publique et les travailleurs qui la soutiennent ne sont pas des variables d’ajustement.
