La charge des travail subie par les travailleur·euses du secteur Non Marchand est un sujet récurrent.
Au printemps 2022, le SETCa mené une large enquête ( avec le soutien de l’ULB) sur la charge de travail dans tous les secteurs : hôpitaux, maisons de repos (et de soins), du handicap, de l’aide à domicile, de l’aide à la jeunesse, de l’accueil de l’enfance, du socio-culturel, de l’aide sociale, de l’éducation permanente, de l’insertion socio-professionnelle ou de la santé mentale… : Trav-Aïe, ça suffit!
Ce sont plus de 4716 collègues des trois régions tous secteurs confondus y ont répondu.
Aujourd’hui, les choses se sont-elles améliorées ? Pas vraiment…..
Il faut faire toujours plus avec moins, et cela n'est plus acceptable. Les travailleurs·euses du Secteur Non marchand, incontournables durant tout le parcours de vie des citoyens et citoyennes portent à bout de bras leur mission et y laissant trop souvent leur santé.
Notre enquête en quelques chiffres ?
- 50,5 % des travailleurs-euses
des secteurs des hôpitaux, Maisons de repos et de soins, des services de soins à domicile déclarent leur santé mauvaise à très mauvaise - 68% se déclarent épuisé.e physiquement à la fin de la journée ; 53% se déclarent épuisé.e émotionnellement par leur travail
- Le taux de travailleurs·euses en invalidité
( malade de plus 1 an) explose. Pour exemple, les employeurs du secteur des Maisons de repos et de soins ont été sanctionné s au travers de la cotisation de responsabilisation invalidité pour un montant total huit fois supérieur à celui payé par le secteur des hôpitaux en 2024.
Le Thermomètre santé et travail de Solidaris 2025 ?
- Sur le plan général, les médecins font un constat alarmant : par rapport à il y a dix ans, 84 % observent une hausse des troubles somatiques ou psychosomatiques liés aux conditions de travail, 92 % notent une hausse de la fatigue intense due au stress ou aux tensions professionnelles et 64 % pensent que la santé des travailleur·euses belges ne sera pas meilleure dans dix ans
- Les conseillers en prévention médecins du travail : 84% des médecins du travail qui ont répondu à l’enquête Solidaris constatent une hausse du nombre de travailleurs affectés par des problèmes de santé liés à leur travail. Ils constatent particulièrement une hausse des troubles somatiques ou psychosomatiques, notamment les troubles anxio-dépressifs, les burn-outs et les troubles musculosquelettiques.
- Les conseillers en prévention pour les aspects psychosociaux constatent dans leur pratique les tendances suivantes :
- Une hausse significative du mal-être psychologique au travail : les salariés expriment de la fatigue, de l’épuisement et une baisse de motivation (burn-out, brown-out, bore-out).
- Une charge de travail perçue comme excessive : de nombreux travailleurs évoquent une surcharge quantitative (trop de travail) et qualitative (travail mal organisé, manque de sens).
- Un manque de reconnaissance et de soutien : le manque de reconnaissance, d’autonomie ou de marges de manœuvre sont des facteurs aggravants du stress professionnel.
- Des difficultés accrues dans la conciliation vie professionnelle / vie personnelle. Les horaires imprévisibles, les astreintes et les exigences numériques nuisent à l’équilibre personnel et à la récupération.
- Un tabou encore présent autour de la souffrance psychique au travail : la souffrance mentale reste peu exprimée, mal identifiée ou stigmatisée, notamment dans le secteur de la santé.
- Des professionnels de santé eux-mêmes touchés par les risques psychosociaux : les soignants sont de plus en plus concernés par des arrêts liés à des troubles anxiodépressifs, troubles du sommeil, troubles musculosquelettiques liés au stress.
La Santé et la Sécurité au travail : un enjeu de santé publique
A l’heure où la pénurie de personnel impacte quotidiennement les services rendus à la population, il est urgent que le monde politique et les employeurs prennent la question de la santé des travailleur·euses au sérieux !
Chaque jour, ce sont des compétences et de l’expérience perdues au sein de nos institutions.
L’organisation du travail, l’intensité du travail, le management bienveillant, la conciliation du travail et de la vie privée doivent faire l’objet d’urgence d’une concertation sociale pour un Masterplan d’amélioration de la santé et de la sécurité au travail pour les travailleur·euses du secteur de la santé.
Un déficit de +/- 30 000 soignnats est annoncé dès 2030, c’est-à-dire demain !
Un secteur de la santé sans les travailleur·euses ne sert à rien. Les métiers du secteur sont exigeants et utiles. Soutenons les collègues d’aujourd’hui et de demain pour rendre du sens à ces professions qui font sens quand les conditions sont réunies.
Le SETCa continuera à se mobiliser et à exiger des conditions de travail de qualité pour tous les travailleur·euses du secteur.
