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Réforme du paysage hospitalier en projet: des hôpitaux anticipent et restructurent déjà !

Un rapport rendu par le groupe d’experts mandaté par la Conférence interministérielle Santé publique pour réformer le secteur hospitalier est paru en décembre 2025 dans la presse. 132 hôpitaux belges actuels sont ainsi classés en trois catégories. Les 39 hôpitaux qui n’ont pas assez de lits d’urgence, devront réduire leur activité et subir une transformation. D’après ce rapport, le pays compte trop d’hôpitaux qui offrent l’ensemble des soins, ce qui ne permet pas une utilisation efficiente du personnel et des moyens disponibles. Les experts misent sur une période de dix ans pour réaliser cette transition, une évaluation intermédiaire après 5 ans et proposent un fonds de transition pour soutenir financièrement les transformations et prendre les mesures pour soutenir le personnel. La réforme du financement et la réforme du paysage hospitalier doivent être concomitantes.

Sans rentrer dans les détails, cette réforme qui a été annoncée doit encore faire l’objet d’un avis des organes d’avis des différents niveaux de pouvoir et d’une concertation au niveau fédéral entre interlocuteurs sociaux et consultation des médecins généralistes et urgentistes. Le délai annoncé était fin juin 2026. Si le Gouvernement fédéral envisage une réforme d’une telle ampleur, qui touche directement les travailleurs, les patients et l’organisation même du système hospitalier, elle ne peut avancer sans une concertation sociale approfondie, à la fois au niveau national et au niveau local au sein de chaque établissement.

Et pourtant, des hôpitaux anticipent ces futures mesures sans attendre la consultation et sans concertation au sein des établissements

Les délégués syndicaux du BBTK/SETCa dénoncent avec force la dégradation de la situation et des conditions de travail dans le secteur. Les employeurs utilisent les annonces de futures réformes et de mesures d’économies pour entamer des plans de restructuration déguisés. 

Les délégués syndicaux demandent aux employeurs de reprendre le chemin de la concertation sociale telle qu’elle est prévue dans le cadre de cette réforme, au niveau national d’abord et ensuite au sein de chaque établissement, après avoir toutes les données nécessaires pour faire des choix éclairés et concertés. Le BBTK/SETCa est bien conscient que le modèle de l’hôpital d’hier ne sera pas celui de demain, mais refuse que cette transformation se fasse sans concertation sociale et sans vision globale, au détriment des travailleurs et des patients (réduction du volume de l’emploi, pression accrue au travail, tri des patients en fonction de leurs profils, disparitions de certains services spécialisés, …). 

Nos revendications

À la sortie de ce rapport des experts, les organisations syndicales ont tout de suite communiqué leurs revendications sur plusieurs points tels que la garantie du volume et de la qualité de l’emploi, la garantie du maintien des conditions de travail, des barèmes et des conquis sociaux, la gestion anticipée des impacts organisationnels, avec un plan social négocié avant toute modification structurelle, le rejet de toute restructuration qui affaiblirait l’accessibilité des soins et surchargerait les équipes, et enfin une analyse d’impact transparente. 

Travailleurs et patients premières victimes de la course à l’optimisation des financements

Les travailleurs et les patients sont les premières victimes de cette course anticipée à l’optimisation du financement.  À l’heure où fuir le secteur est devenu de plus en plus un acte de résistance et de préservation de la santé physique et mentale pour plusieurs travailleurs, il est temps que les gestionnaires d’hôpitaux lèvent le nez de leurs chiffres et benchmarking. À défaut, ils pourraient aggraver la situation, notamment la pénurie de personnel. 

L’hôpital de demain risque de perdre des plumes d’humanité dont on a tous et toutes tant besoin.