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Le SETCa, affilié à la FGTB, a pour vocation de défendre et de promouvoir les intérêts de ses membres tout en affirmant son engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect des convictions de chacun, son refus de toute influence extérieure ou d’ingérence linguistique, philosophique ou religieuse, ainsi que son autonomie totale à l’égard des partis politiques.

Le SETCa n'accepte ni les idées ni les comportements racistes, xénophobes ou fascistes. L'adhésion à des partis ou des mouvements d'extrême droite est incompatible avec l'affiliation au SETCa.

'No future' pour les travailleurs du commerce ? Tous dans la rue dès le 13/02 !

Depuis près de 10 ans, les organisations syndicales du commerce dénoncent l’immobilisme du dialogue social au sein du secteur de la distribution.  Depuis une décennie, les fermetures de magasins s’enchainent. Dans le même temps, l’arrivée de nouveaux retailers « low cost » est une réalité quasi journalière.

Deux points importants sont à soulever :

  • Le portefeuille des consommateurs n’est pas extensible, que du contraire, et ce ne sont pas les mesures du gouvernement Arizona qui viendront améliorer les choses ! 
    Quand vous avez €1 en poche, vous ne savez pas en dépenser 2 parce que les enseignes sont plus nombreuses sur le territoire.
  • Depuis des années, nous demandons aux organisations patronales de porter ensemble un message de limitation du développement sauvage des enseignes sur notre territoire. Du bon sens auquel les oreilles patronales sont pourtant toujours restées sourdes.

Il y a presque deux ans jour pour jour, le choc Delhaize est arrivé. Le passage en franchise de Mestdagh vers Intermarché, l’éclatement du groupe Louis Delhaize vers différentes enseignes traumatisent tous les jours les travailleurs du commerce. Ce ne sont malheureusement que les exemples les plus médiatisés. L’emploi diminue et se dégrade clairement. Trop souvent, cette ingénierie antisociale permet aux employeurs d’organiser un dumping social intra belge. Pendant ce temps, l’e-commerce progresse, le commerce transfrontalier performe et les travailleurs belges trinquent, faute d’avoir un patronat attentif à leur sort.

NB. : Que représente encore la voix des travailleurs belges à l’intérieur des groupes internationaux financiers dont le core business commercial n’est plus que l’accessoire d’une activité principale de retour aux actionnaires à deux chiffres ?

Cela fait deux ans que, de manière assidue, les organisations syndicales taraudent les organisations patronales pour enfin parler de l’avenir du commerce et de ses travailleurs. Il y a six mois, le front commun syndical a déposé une proposition claire sur l’harmonisation des 5 CP du commerce. Ce que le gouvernement (r)appelle dans ses vœux d’ailleurs, puisque nous avons jusqu’au 01/01/27 pour trouver des solutions entre interlocuteurs sociaux.

Réponse des employeurs aujourd’hui : pour garantir la marge des commerçants, les conditions de travail et de salaire des salariés doivent être ajustées à la baisse. Aucune contre-proposition à notre proposition, c’est simplement non. Une singulière impression qu’ils attendent que leurs amis du gouvernement fassent le boulot à leur place. Pas d'ouverture pour notre mission principale : la concertation sociale.

Avec l’Arizona, les employeurs du commerce reçoivent pourtant déjà beaucoup de cadeaux : assouplissement des heures d’ouvertures, +d'heures pour les étudiants, +de possibilités pour les emplois flexibles, du travail de nuit facilité et moins cher, une annualisation du temps de travail, plus de temps de travail minimum, des heures supplémentaires plus nombreuses et moins chères, des flexi-jobs à gogo...

Avec toute cette précarité, faire carrière dans le commerce sera IMPOSSIBLE avec un emploi de qualité, juste un job de merde quand on « activera »les travailleurs sans emploi : plus de règle du contrat minimum 1/3 temps, suppression des 4 h de prestations minimum/jour.

Le travail syndical des 50 dernières années est ainsi balayé. De concertation, il ne sera plus question. De faire carrière, d’avoir un bon job pour les travailleurs les moins qualifiés, il n’en sera plus question non plus.

Que restera-t-il ? Un turnover impressionnant, des travailleurs sans formation (parce qu’il ne restera que des travailleurs « kleenex »), des bullshits jobs qu’on assume pour avoir un complément de revenu. Les travailleurs à temps partiel n’obtiendront plus d’heures complémentaires puisque plus chers que leurs collègues en sous statuts.

Ce seront des travailleurs et surtout des travailleuses pauvres et ensuite des pensionnés encore plus pauvres. Pour rappel, le secteur du commerce est un secteur essentiellement féminin, fait majoritairement de temps partiels. Des travailleurs pauvres aujourd’hui, des pensionnés dans la misère demain !

Dans le même temps, ces employeurs indiquent que les métiers du commerce n’attirent plus les travailleurs… Mais qui veut encore d’un petit temps partiel avec un salaire médiocre et un sous contrat pendant des années ? De pénurie, il n’est pas question. Il est question que, dans un marché tendu, les travailleurs s’orientent vers d’autres secteurs plus qualitatifs en termes d’emplois. Au lieu de jouer les Caliméro, les employeurs devraient s’atteler à améliorer l’emploi et non pas à toujours le tirer vers le bas en allant pleurnicher dans les jupes de la droite !

Entre le comportement du banc patronal dans le cadre de l’harmonisation des CP et les mesures du gouvernement De Wever-Bouchez, il est temps de réagir pour donner un avenir au secteur du commerce.

Les travailleurs du commerce doivent et seront dans la rue en masse le 13/02 prochain. Le secteur du commerce compte au sens large 500.000 emplois dont la qualité s’érode au quotidien. 
Nous voulons de l’emploi de qualité, pas des bullshit jobs pour ces femmes et hommes au quotidien, c’est le message que nous porterons à partir du 13 février prochain dans la rue !

Rejoignez-nous nombreux !

L’avenir du commerce, le taux d’emploi, la qualité de l’emploi, c’est aussi un patronat qui doit remonter ses manches, qui doit entreprendre et reprendre le chemin de la concertation. Crier à la pénurie sans prendre ses responsabilités, sans exercer la concertation n’a jamais rien solutionné !