Messieurs les Ministres,
Il y a un mois quasi jour pour jour, Cora annonçait la fermeture programmée de 7 sept hypermarchés et dépôt.
+/-1700 emplois concernés en Wallonie et à Bruxelles.
Très vite, les Gouvernements wallon et fédéral se sont préoccupés de recevoir direction et syndicats. Nous vous en remercions. Nous avons eu l’occasion de vous relayer, en front commun, les préoccupations des travailleurs de Cora et plus largement celles du secteur, puisque Cora n’est que le énième drame social.
Depuis lors, les caméras éteintes, plus aucune nouvelle des différents gouvernements et Ministres.
Pour rappel, nous vous avons fait part pour ce qui est spécifiquement des compétences régionales :
- de la nécessaire mise en place de cellules de reconversion magasin par magasin. Plus encore chez Cora qu’ailleurs, les travailleurs et travailleuses licenciés auront besoin, non pas d’un stage de formation via une agence intérim pour retrouver un emploi quelconque au plus vite, mais réellement d’un accompagnement sur mesure qui puisse leur permettre de retrouver un projet de vie, un emploi dans lequel ils et elles puissent s’épanouir.
- de la problématique du nombre de commerces grandissant et d’un portefeuille des consommateurs qui ne s’élargit pas.
Pour ce qui est des compétences fédérales nous avons rappelé :
- combien il est important de pouvoir pérenniser la période de prépension déjà accordée jusque fin 2025 et
- combien pouvoir prépensionner à un âge inférieur à 60 ans permettrait de trouver des solutions sociales pour des travailleurs qui ont un long passé professionnel, ce qui permettrait également de libérer une enveloppe plus importante pour le plan social des autres travailleurs.
- combien les mesures d’exclusion que le gouvernement compte mettre en place après deux ans de chômage vont pénaliser les travailleurs à temps partiels qui n’atteindront jamais le passé professionnel nécessaire pour ne pas être exclus. Pire encore pour ceux qui ont une allocation garantie de revenus, ceux-là verront la période couverte par l’AGR considérée comme une période de chômage complet et donc seront exclus pour certains d’entre eux d’office du chômage avant même d’y avoir été.
- Un comble pour des travailleurs qui n’auront jamais eu l’opportunité de travailler à temps plein parce que le temps partiel est la règle dans le commerce. Votre mesure ne visera donc pas les « supposés profiteurs qui font du chômage un plan de carrière »comme vous avez l’habitude de le dire, mais des travailleuses à temps partiels involontaires avec horaires variables.
- Combien vos autres projets sur l’annualisation du temps de travail, le travail du dimanche, le travail de nuit, le travail du dimanche généralisé, ou encore l’élargissement du travail étudiant ou des flexi-jobers vont condamner les travailleurs du commerce à plus de précarité et de pauvreté puisque coincés dans leurs contrats temps partiel et précaires. Des travailleurs pauvres qui deviendront des pensionnés encore plus pauvres…
- Combien trouver des solutions au dumping social engendré par des constructions juridiques via la franchise, est essentiel. Les organisations syndicales sont demandeuses de solutions négociées au niveau des CP quand le banc patronal attend que vos gouvernements leur donne ce qu’ils attendent , c’est-à-dire du moins-disant social pour continuer à être profitables. Pendant ce temps-là, l’e-commerce, le commerce transfrontalier, la franchise, la multiplication des enseignes et des magasins viennent aggraver le tableau , sans qu’aucune mesure ne soit prise pour contrer ces situations.
- Toujours presser plus le même citron, le travailleur c’est votre devise…
Tout cela, nous vous l’avons expliqué de manière détaillée. En vous rappelant aussi que ces travailleurs étaient majoritairement des travailleuses, sans qualification particulière, à temps partiels, âgées de plus de 50 ans, avec souvent des restrictions médicales.
La question principale reste et sera qui va engager des personnes ? Maximum 2 ans après la période couverte par leur indemnité de rupture, elles seront au chômage ou plus exactement, exclues du chômage… alors qu’elle auront cotisé à l’assurance chômage et pour leur pension toute leur vie !
Tout le monde aura oublié ces travailleuses à ce moment-là ! Plus de caméras, plus d’article de gazette… juste seuls et seules face à leur destin de demandeurs d’emplois, rendus parias par vos soins !
Les négociations commenceront ce jeudi. Nous souhaitons connaitre les cadres légal et règlementaire dans lequel nous allons œuvrer.
Nous attendons que vous preniez conscience de la réalité de ces travailleurs, de la situation qu’ils vivent au quotidien et pas seulement de faire quelques déclarations face caméra pendant que vos gouvernements respectifs achèvent des plans qui détérioreront encore leur futur !
Pour le front commun syndical,
