Le 22 mai 2025, les travailleuses et travailleurs du secteur des soins, de l'aide sociale, de l'action socioculturelle et de l’enseignement descendront à nouveau dans la rue pour réclamer davantage de ressources et d'attention pour le secteur Non Marchand. Le 7 novembre 2024, 35.000 travailleuses et travailleurs avaient déjà envoyé un signal clair : le secteur a besoin d'investissements. À ce jour, le message n’a pas été ou suffisamment entendu Ils seront présents le poing levé pour se faire entendre!
Du temps pour aider, accompagner, soigner la population… ça passe par un investissement ambitieux dans les secteurs !
Cela fait des années que le SETCa tire la sonnette d’alarme sur l’intérêt de préserver et améliorer ce bien collectif que sont les services aux publics, que ce soit en accueil de l’enfance, dans l’aide à la jeunesse, le secteur du handicap, l’éducation, l’insertion socio-professionnelle, l’accompagnement des personnes âgées, les soins aux patients, …
Au niveau fédéral, il y aura un ralentissement de trajectoire budgétaire de la norme des soins de santé alors que des hôpitaux sont déjà sur les genoux, malgré les multiples réformes.
Aux autres différents niveaux de pouvoir du pays, les tendances sont différentes.
En Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, il n’existe pas de perspectives budgétaires pour suivre l’évolution des besoins de la population, permettre aux services d’éviter les difficultés financières et permettre aux travailleuses et travailleurs de mener correctement leur mission. « Avec le manque d’investissement dans le secteur et la marchandisation, aujourd’hui, nous négocions des plans Renault dans des maisons de repos, nous entendons de la part des employeurs de l’aide à domicile que certains services pourraient fermer d’ici 2 à 5 ans, des emplois sont menacés dans le secteur socio-culturel. C’est un coup de poing dans le ventre du secteur et c’est totalement inacceptable ! » témoigne Nathalie Lionnet, Secrétaire fédérale du SETCa.
Le gouvernement flamand a promis un changement de cap, une rupture nette avec le passé. « Le gouvernement flamand a promis d'investir massivement dans le Non-Marchand flamand. Ces mesures étaient plus que nécessaires, mais l'accent a surtout été mis sur l'élimination des listes d'attente», explique Evert Persoon, Secrétaire fédéral du SETCa. Enfin, aucun gouvernement n'a encore été formé à Bruxelles. Là aussi, la question reste ouverte.
Des facteurs aggravants ces derniers mois
Les différentes mesures prises aux différents niveaux de pouvoirs apporte une peine multiple aux travailleurs et travailleur·ses, mais aussi aux citoyens :
- Les mesures de l’accord fédéral (Arizona) touchent particulièrement les femmes, notamment à temps partiels, que ce soit au niveau de la conciliation vie privée/vie professionnelle, les droits aux allocations de chômage, la pension, l’indexation des salaires, … «
Ce qui nous préoccupe , c'est que ce gouvernement punit les travailleurs et travailleuses à temps partiel. 60% des travailleurs et travailleuses du non marchand travaillent à temps partiel. Parfois par choix, pour que leur travail reste faisable, mais souvent parce que c'est ce qu’on leur propose. Les travailleurs et travailleuses à temps partiel involontaires qui bénéficient d'un complément de chômage perdront ce complément à cause des mesures prises par le gouvernement fédéral », ajoute Johan Van Eeghem, Vice-président du SETCa. L'accord de Pâques contient qui plus est des mesures qui pourraient entraîner le retard d'un ou deux mois supplémentaires de l’indexation du personnel de certains secteurs du non-marchand. Pour un salaire médian de 3.500 euros bruts, un travailleur perdrait 70 euros par mois de retard. C’est inacceptable.
- A plusieurs niveaux de pouvoir, il y a un manque de perspectives budgétaires pour négocier des accords sociaux qui permettraient d’améliorer les conditions de travail et d’exercice des métiers des professionnels des secteurs. Le SETCa a rapidement appelé les différents Gouvernements à entamer des négociations pour de nouveaux accords sociaux. C’est aussi pour donner plus de force à cet appel que nous descendons à nouveau dans la rue !
- Des pénuries historiques s’observent dans plusieurs métiers : les infirmier·es, les aides soignant·es, les accueillant·es d’enfants, les éducateurs·trices, les assistant·es sociaux·ales, les enseignant·es, … Les jeunes ne s’inscrivent plus aux formations qui donnent accès à ces métiers, des filières de formation ferment, les travailleurs en place peinent à se maintenir à l’emploi, la pyramide des âges dans les différents secteurs illustre le vieillissement des travailleurs, … C’est une spirale négative qui sera difficile à stopper. L’avenir est très inquiétant ! « Les acteurs politiques compétents nous disent souvent qu'il y a des budgets pour recruter plus de personnel, mais que ce personnel n’est pas trouvé. Nous n'insisterons jamais assez sur le fait que de meilleurs salaires et un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, ainsi qu'une réduction de la charge de travail dans le secteur, sont une nécessité absolue pour rendre le travail plus attractif » confirme le Vice-président Johan Van Eeghem.
Ce que nous exigeons
La combinaison de ces événements fait bouillir la marmite de colère du secteur ! Quand le secteur Non Marchand perd, tout le monde y perd. Car c’est un secteur qui est accessible et aux côtés des citoyens et citoyennes tout au long de leur vie. Il faut de toute urgence, répondre aux revendications du secteur :
- Des trajectoires budgétaires d’investissement dans les différents secteurs qui prennent en compte les besoins de la population et évitent des fermetures
- Du temps pour exercer les missions avec humanité et bienveillance auprès de personnes fragilisées : davantage de collègues, des prestations plus longues, un temps de travail adéquat, des cadences tenables, une conciliation vie privée/vie professionnelle, …
- Des conditions salariales attractives et le maintien de l’indexation
- Des fins de carrières dignes et des pensions décentes
- Des contrats de qualité à temps plein et à durée indéterminée qui rendent attractifs les secteurs
- L’adaptation des postes de travail pour que les travailleurs qui occupent ces métiers pénibles puissent poursuivre leur carrière professionnelle.
- Des formations pour maintenir et/ou faire évoluer les compétences face aux nombreux enjeux de l’avenir (digitalisation, …)
Nous n’acceptons pas cette vision très archaïque où ce sera le chacun pour soi. Ils promettent de ne pas introduire de nouvelles taxes, mais commettent un véritable hold-up sur la sécurité sociale et les biens collectifs que sont les services aux publics. Il aurait été préférable d’avoir une réforme fiscale ambitieuse et équilibrée que cette mise en échec de ce secteur incontournable !
« La hauteur de la réponse politique aux demandes légitimes du secteur révélera la place qu’ils réservent aux respects des droits fondamentaux pour les citoyens et citoyennes en matière de santé, d’éducation, d’action sociale et de culture » réaffirme Nathalie Lionnet.
Infos pratiques
Jeudi 22 mai 2025
Boulevard Roi Albert II à Bruxelles (gare de Bruxelles-Nord)
Présence du vice-président, de secrétaires fédéraux et de quelques délégués syndicaux disponibles pour parler à la presse à partir de 9h30
Rassemblement : 10h30
Départ de la manifestation : 11h
