Vous êtes malade ? Un peu trop souvent pour la direction ? Un jour, vous serez convoqué chez le responsable bien-être. Non pas pour boire une tasse de café réconfortante, mais pour mettre la pression sur vous, pour que votre comportement face à la maladie et aux absences qui en découlent change.
Des questions sont posées sur la vie privée de l’employé et sont consignées dans son dossier. On lui demande également ce qu'il compte faire pour remédier à la situation et on le culpabilise. « C'est à cause de vous que vos collègues de la succursale croulent sous le travail, vos absences pénalisent toute l’équipe » ou « Démissionnez, vous ne serez sanctionné que pendant quelques mois par l'ONEM et entre-temps, vous aurez trouvé un autre emploi qui vous conviendra mieux ».
Que les choses soient claires, ces entretiens sont inadmissibles et illégaux !
Inadmissibles parce que le responsable bien-être n’est pas le médecin contrôle ni le médecin du travail. Votre état de malade peut être constaté pendant la maladie par le médecin contrôle et une fois revenu, c’est trop tard. Si Lidl ne fait rien durant votre maladie ou s’il ne constate pas via le médecin du travail que vous êtes inapte lorsque vous revenez au travail, ils n’ont rien à vous dire. Ils n’ont pas à vous demander des données médicales ou de données personnelles. C’est illégal et discriminant ! Ce n'est pas nous qui le disons, c’est UNIA (service interfédéral indépendant, expert en politique d’égalité et de non-discrimination). Pour le SETCa, c’est inacceptable !
En résumé :
- Être malade n’est pas un choix, c’est juste trop souvent la conséquence d’un mal-être au travail, d’une charge de travail trop grande ou trop usante et parfois d’un management toxique.
- Être malade est un droit et vous n’avez pas à vous justifier dans des cas précis ! La seule possibilité pour votre employeur de contrôler votre maladie est d’envoyer le médecin-contrôle. Si Lidl ne le fait pas, il doit accepter le principe de la maladie et ne pas mettre la pression sur les travailleurs lors de leur retour au travail.
- Les pratiques de Lidl avec ces entretiens sur l’absentéisme ne sont pas légales ! Mettre la pression sur les malades est contraire à la loi anti-discrimination et est punissable.
- La loi garantit le droit à la déconnexion des travailleurs. Cela signifie que si votre employeur vous téléphone durant votre absence, vous n’êtes même pas obligé de lui répondre !
- Aller à ces entretiens n’est pas une obligation, on ne peut pas vous sanctionner pour cela. Si vous décidez malgré tout d’y aller, demandez la présence de votre délégué syndical.
La santé est un bien précieux, vos délégués défendent des conditions de travail correctes tous les mois au CPPT. Nous avons interpellé officiellement la direction pour cesser ces entretiens avec les responsables bien-être.
En cas de problèmes, prenez contact immédiatement avec vos délégués SETCa !
