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Le SETCa, affilié à la FGTB, a pour vocation de défendre et de promouvoir les intérêts de ses membres tout en affirmant son engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect des convictions de chacun, son refus de toute influence extérieure ou d’ingérence linguistique, philosophique ou religieuse, ainsi que son autonomie totale à l’égard des partis politiques.

Le SETCa n'accepte ni les idées ni les comportements racistes, xénophobes ou fascistes. L'adhésion à des partis ou des mouvements d'extrême droite est incompatible avec l'affiliation au SETCa.

E-commerce et travail de nuit : laissons la concertation sociale faire son travail

Selon une étude de BeCommerce, les Belges ont dépensé 12,1 milliards d'euros en commerce électronique l'année dernière. Soit 18% de plus qu'en 2020. Pour Comeos (la fédération sectorielle du commerce), voilà une raison de plus pour demander l’adaptation de la législation sur l’e-commerce, et surtout sur le travail de nuit. En février déjà, via le job deal le Gouvernement a assoupli les règles relatives au travail de nuit dans le cadre de l’e-commerce.  

Pas suffisant pour Comeos…. Rappelons qu’il est déjà possible depuis des années d'introduire le travail de nuit dans le cadre de l’e-commerce. Les entreprises désireuses de le faire ont conclu des accords avec les syndicats.

Ce que veut vraiment Comeos, c’est mettre les syndicats hors-jeu et organiser le travail de nuit bon marché sur le modèle de PostNL : des emplois temporaires précaires dans lesquels des gens, qui n'ont souvent pas d'autre choix, sont exploités et traités comme des produits jetables.

Au lieu d'entamer un véritable dialogue, Comeos a choisi de faire pression sur le Gouvernement, qui avait déjà prévu un assouplissement dans le fameux job deal. Celui-ci permet d'introduire le travail de nuit dans le cadre du commerce électronique par le biais d'une CCT signée par un seul syndicat. Le règlement de travail ne doit pas être modifié. Une CCT ou le consentement des syndicats n'est même pas nécessaire lorsqu'il s'agit d’« expérimentations » à la demande du travailleur. Ces « expérimentations » peuvent durer 18 mois, l'évaluation ayant lieu ensuite.

Ce n'est absolument pas positif pour le secteur ou les travailleurs. La relation de travail continue ainsi de s’individualiser et la concertation sociale au niveau de l'entreprise est progressivement évincée. Il est clair que les demandes des employeurs ont été satisfaites à cet égard, tandis que celles des syndicats ont été ignorées.

Comeos veut rendre le travail de nuit moins cher, en premier lieu supprimer les sursalaires et à défaut considérer que le travail de nuit ne débute plus à 20 h 00 mais bien à 24 h 00 : cela rendrait les sursalaires moins nombreux.

Assez ironiquement, les syndicats demandent depuis des années de discuter de l'avenir du secteur. Les habitudes de consommation changent, les magasins d’aujourd’hui ne seront plus ceux de demain. Nos membres en font l'expérience chaque jour. Cela signifie évidemment que les métiers évoluent. La digitalisation et l’automatisation influent sur la nature et le développement de l’emploi. Les syndicats ont tout intérêt à ce que le commerce et l’e-commerce continuent à bien se développer. C'est Comeos qui refuse à chaque fois d’entamer une véritable discussion. Le gouvernement avait parlé d’une table ronde à organiser en avril…. Nous n’entendons plus rien sur le sujet…

Mi-février, le SETCa a publié une brochure dans laquelle nous faisons le point sur les lois et règlements existants en matière de travail de nuit et d’e-commerce. Cette publication comprend également des entretiens avec des travailleurs, qui savent mieux que quiconque ce qu'il en est sur le terrain. Elle tord aussi le cou à certaines rumeurs laissant à penser que nous sommes à la traîne en matière d’e-commerce dans notre pays.

Lisez la brochure ici.

Le SETCa est clair. Lancer le débat est une chose, décider à la place des personnes concernées en est une autre. Laissons les interlocuteurs sociaux du secteur tracer les lignes pour demain. Seules des solutions collectives négociées entre partenaires sociaux pourront permettre de relever les défis du secteur. Comme le fait également apparaître la brochure, il n'existe pas de modèle unique d’e-commerce. Les expériences sont multiples et doivent être taillées sur mesure.

Ayons l’ambition que l’e-commerce ne soit plus une énorme usine de travailleurs exploités mais un moyen de transformer qualitativement un secteur qui emploie des centaines de milliers de personnes (logistique et commerce).