C’est par le biais d'un communiqué de presse que les organisations de travailleurs ont dû apprendre ce que la direction de Delhaize entendait exposer à son personnel pour forcer le passage à la franchise.
Garantie…
Malgré l'utilisation répétée du mot « garantie » dans le texte, il est absent du paragraphe sur les conditions de travail et de rémunération, où il n'est question que de « confirmation ». Cela ne doit pas être pour le futur franchisé un obstacle à la conclusion de contrats individuels moins intéressants. Qui empêchera à ce moment le membre du personnel de faire valoir ses droits ? Dans une relation directe avec l'employeur, le refus marque souvent le début d'un conflit ou la fin de la relation de travail.
Delhaize promet qu’ « après la transition, Delhaize s'engage à garder les supermarchés qui n’auraient pas trouvé de repreneur en gestion propre. Cette garantie vaut jusqu'à fin 2028 ». Cela semble n’être rien de plus qu’une coquille vide, étant donné qu’il ne restera aucun magasin en gestion propre à fermer après la transition. Même si cela concernait tous les magasins, malgré la spécification, cela ressemble tout de même à une vaine promesse puisque les accords avec les futurs franchisés dureraient plus de 4 ans.
En ce qui concerne les malades de longue durée, il n'y a pas de garanties supplémentaires, comme on peut le lire dans la note explicative. De même, en ce qui concerne les heures supplémentaires, nous ne voyons rien de plus que ce qui revient déjà au travailleur. Ce n’est que l’application de la CCT 32 bis qui vaut jusqu’au moment du transfert du personnel.
Nous ne pouvons donc que déplorer que l'on se moque ainsi des questions et préoccupations du personnel.
Une fois de plus, Delhaize ne crée pas les conditions nécessaires au dialogue social. Il confirme juste son plan de franchise, les dégâts qui seront effectivement bien présents pour le personnel. Il continue sa route, sans ouvrir de porte à la concertation.
Ce que Delhaize garantit, c'est que quoi qu'il arrive, les surface de vente, si elles sont bien placées commercialement, resteront ouvertes vaille que vaille. Pas un mot pour l'emploi qui sera présent ou pas.
Les revendications des organisations syndicales restent claires : stop à la franchise, des alternatives sont possibles, la loi Renault doit s'appliquer.
Entre-temps, les intimidations sur le terrain continuent, les décisions de justice durcissent le ton et favorisent clairement les intérêts de Delhaize.
