Ce 11 juin, se tenait une nouvelle réunion de concertation nationale chez Cora. Nous savons tous, autour de la table, qu’un accord doit être trouvé pour fin de ce mois. Deux réunions restent encore à venir. Il est donc temps que chacun prenne ses responsabilités, arrêtent pour certains de faire de la musculation, et que tous travaillent à des solutions. Ce n’est pas une négociation comme les autres. C’est une négociation à enveloppe fermée où nous nous répartissons la misère de la fermeture.
Dès le départ, le SETCa a eu un cahier de revendications assez clair. Un volet financier : naturellement, chacun doit pouvoir obtenir, à minima, ce que la loi lui octroie.
À côté du volet financier, nous devons obtenir des conditions de travail et d’organisation du travail qui permettent de rendre la fermeture la moins pénible à vivre au quotidien.
Troisième axe, des moyens suffisants doivent être mis à disposition pour la reconversion des travailleurs. Le chômage n’est pas une fatalité, tout le monde doit pouvoir suivre une formation qui lui permette de réorienter sa carrière. Cela demande évidemment des moyens.
Qu’est-ce qui est sur table actuellement ? Pour rappel, l’entreprise sera fermée le 31 janvier 2026.
- L’effectif sera diminué à partir de fin septembre du nombre de personnes dont les rayons ferment ainsi que d’un nombre de personnes non encore déterminé, mais lié à la diminution du chiffre d’affaires du magasin. Des solutions locales seront mises en place pour ceux qui désirent partir plus tôt ou au contraire rester jusqu’à la fermeture malgré la disparition de leur poste. L’ajustement du volume d’heures se fera via la suppression des postes intérimaires et étudiants.
- D’ici fin juin dans chaque magasin seront organisées des réunions afin que cette organisation de la fermeture se passe au mieux et réponde le plus aux desiderata du personnel = réelle concertation.
- La direction ouvre la porte à ce que les travailleurs puissent prendre en ce compris après le 15 décembre le solde des vacances annuelles 2025 = meilleur que la pratique du secteur et chez Cora.
- Les travailleurs qui le désirent pourront également en janvier prendre leurs congés 2026 = mieux que ce que prévoit la loi.
- Des déstockages prioritaires seront également organisés pour le personnel. Des informations sur le sujet suivront le plus rapidement possible = ce n’est pas une obligation légale.
- Les malades de longue durée ne seront pas licenciés. Un membre de la direction est occupé à faire le tour des magasins pour savoir quels seront les souhaits des travailleurs concernés afin que les solutions au plus proche de la réalité de ces travailleurs puissent être trouvées.
- Les RCC, sur base volontaire, sont accessibles jusqu’au 30 juin = supérieure au RCC légal.
- L’indemnité de rupture légale (aucune prestation de préavis) sera octroyée à tous les travailleurs licenciés (sauf RCC où le préavis est réduit et malades de longue durée, non licenciés).
- Reconversion : Une enveloppe de 2000 € par travailleur sera dédicacée à la reconversion de ceux-ci, qu’il s’agisse des travailleurs wallons ou bruxellois = supérieur à la loi.
- Vous avez travaillé comme intérimaire avant votre CDI ? Dans l’indemnité de rupture, une partie de l’ancienneté acquise comme intérimaire sera valorisée. Soit 4 mois d’ancienneté forfaitaire supplémentaire, soit l’ancienneté réelle si vous savez la prouver.
- Tous les travailleurs auront leurs primes de fin d’année à 100 % quel que soit le moment où ils quitteront l’entreprise = supérieur au secteur.
- Des éco-chèques exceptionnels de 250 € seront octroyés aux travailleurs, en plus de ceux existants = supérieur aux CCT en vigueur.
- Une prime syndicale sera également octroyée pendant cinq ans = non prévus au niveau sectoriel, soit un montant de 725 € nets répartis sur 5 ans.
- Pour les intérimaires actuellement dans l’entreprise et dont l’intérim a été précédé d’un CDD de deux ans, une indemnité de rupture de 12 semaines (minimum) sera versée. Il s’agit là de 36 personnes réparties sur les sept magasins et la centrale = supérieur au légal.
- Les travailleurs en crédit-temps, 4/5ème ou 1/2 temps dans le cadre de la convention Coraprès bénéficieront d’une indemnité de rupture, calculée sur leur rémunération avant la prise de leur crédit-temps. C’est une amélioration par rapport au légal.
- Les 500 € de la carte de ristourne « personnel » seront anticipés de manière que cet argent puisse être dépensé avant la fermeture.
Est-ce suffisant ?
Cela ne vous rendra ni votre entreprise ni votre emploi. La marge de négociation est faible et le risque de faillite toujours présent. Nous pensons être arrivés à un équilibre, qui doit évidemment encore être traduit dans des textes. Le diable se cache souvent dans les détails. Vos délégués ne lâchent rien de manière à pouvoir obtenir le légal et un peu plus. N’hésitez pas à leur faire part de vos remarques. Nous vous remercions pour votre soutien et continuons à vous assurer du nôtre !
