Ce 1er avril, et ce n’était pas une blague, nous rencontrions à nouveau la direction Carrefour dans le cadre d’une délégation syndicale nationale. Tous les sujets déjà abordés ont à nouveau été mis sur la table.
Il s’agit, en vrac, d’une présentation du plan commercial, d’un plan d’attractivité en matière de recrutement, d’échanges et de réponses sur les ouvertures matinales, les ouvertures du dimanche, la polyvalence, l’organisation et la planification des horaires, des mesures de compétitivité et de flexibilité et de la communication dans les magasins.
Rien de bien neuf en pratique
Ouvertures matinales/du dimanche
La direction persiste sur sa volonté d’ouvrir les magasins dès 8 heures partout, d’ouvrir tous les magasins le dimanche matin, voire le dimanche toute la journée dans certaines circonstances, ce n’est pas clair. Ce qui est clair, c’est que la direction entend supprimer les sursalaires actuels sur le travail du dimanche. Le principe du volontariat ne serait que partiellement respecté puisqu’il faudrait une équipe de base tous les dimanches dans les magasins pour faire tourner ceux-ci. La direction va nous donner exactement ce qu’il lui faut comme équipe de base dans chaque magasin pour que le magasin puisse être ouvert. Cette équipe serait complétée, selon les vœux de la direction, par des étudiants et des flexi-jobbers. Inutile de vous dire que cela ne correspond pas aux souhaits syndicaux. Si vous êtes inquiets sur la situation des magasins, personne d’entre vous ne pense qu’une ouverture du dimanche va résoudre tous les problèmes.
Sur le plan commercial
Il n’y a pas de réelle nouveauté par rapport à ce qu’on nous sert depuis des années comme plan commercial. Différents tests sont mis en place, ils seront généralisés s’ils fonctionnent. La suite donc dans les prochains épisodes.
E-commerce
Toujours en matière de plan commercial, la direction nous a fait part aussi des évolutions qu’il y aurait en matière d’e-commerce. Après les différents échecs que Carrefour a connus en la matière, nous restons dubitatifs par rapport à ce qui est sur la table.
La principale question qui se pose à chaque sujet présenté est de savoir comment la direction va pouvoir implémenter ces services avec des bras toujours plus manquants dans les magasins.
Une réponse très claire de la direction, c’est qu’ils ne peuvent pas se payer de personnel supplémentaire. Cela reste évidemment pour nous un problème important, tant en termes d’attractivité pour le nouveau personnel que pour le personnel présent.
Les réponses de Carrefour sont extrêmement partielles.
Polyvalence
Dans le cadre de la polyvalence, puisque Carrefour insiste pour obtenir une full polyvalence dans les magasins, ce que nous ne trouvons ni judicieux ni utile, il pourrait y avoir des revalorisations de contrats. Là aussi nous avons dû être critiques par rapport à ces revalorisations de contrats puisqu’en fait, elles devront s’inscrire dans les heures cibles des magasins. Or, nous savons pertinemment bien que dans beaucoup de magasins, ces heures cibles sont souvent atteintes, voire dépassées. Ce qui, en pratique, se traduirait par une full polyvalence sans aucune heure complémentaire accordée aux plus petits contrats. Ce qui sera toujours un problème par rapport au personnel existant et par rapport au personnel à venir qui ne trouve pas les conditions de travail chez Carrefour suffisamment sexy que pour y rester.
En termes de compétitivité
Dans les magasins, la direction entend toujours remettre en cause les heures de tard. Une chose est plus claire, cette fois-ci, c’est qu’il ne s’agira pas de remettre en cause les pourcentages d’heures de tard pour les travailleurs déjà dans les magasins, mais pour les travailleurs qui arriveront dans les magasins pour le futur. Certes, c’est un point positif que de ne pas remettre en cause les heures de tard des travailleurs déjà présents dans l’entreprise. Néanmoins, la pression sera clairement mise sur leurs épaules pour que leur nombre de tards diminue puisqu’ils coûteront plus cher que les nouveaux travailleurs.
Étudiants et flexi-jobs
La direction entend introduire plus d’étudiants et des flexi-jobbers.
Sursalaires/volontariat du dimanche
Volontariat tronqué et sursalaires diminués pour le travail du dimanche. En pratique, vous auriez votre salaire normal plus 100%, si vos heures sont effectuées dans le cadre d’heures supplémentaires. En d’autres termes, si vos heures sont effectuées dans le cadre de votre horaire normal, de sursalaire, il ne serait plus question.
Des horaires connus 2 semaines à l’avance
La direction confirme également sa volonté de réduire le délai d’affichage des horaires à deux semaines plus la semaine en cours.
Essai de conclusions
Si nous devons essayer de résumer ce qu’il s’est dit autour de la table ce mardi, c’est « soyez plus flexibles, soyez moins chers, soyez plus compétitifs, ouvrons le dimanche, ouvrons plus tôt le matin. Et en contrepartie, vous pouvez espérer avoir un avenir dans vos magasins, sans fermeture ni franchise. Pour le reste, circulez, il n’y a rien à voir ».
Il va sans dire que nous reviendrons sur ces sujets dans les assemblées du personnel et lors de la réunion de conciliation qui se tient au niveau du secteur ce 2 avril, de manière à pouvoir obtenir partout dans le commerce des conditions de travail similaires, histoire que seules vos conditions de travail ne diminuent pas, mais que celles des autres enseignes soient revalorisées de manière à obtenir un vrai statut à part entière pour les travailleurs du commerce.
Restez à l’écoute de vos délégués, mobilisés
